
























Installation réalisée in situ lors d’une résidence artistique d’un mois sur le site historique et naturel de Montauban.
Lorsque l’on entends le mot écotone on pense à un écho, un son… Une tonalité musicale ou même colorimétrique. Mais il s’agit ici d’un concept écologiste récent qui semble aller à l’encontre de la simplicité des classifications.
L’écotone représente une fine paroi, un entre-deux écosystèmes ou les variables sont possibles. Il s’agit ici d’un espace poreux, militant, sensible, … perméable qui résiste.
Ce corridor est un passage une zone de transition. Mais aussi un point de contact traversé par des frontières hermétiques au mouvement.
Aujourd’hui, je vous présente une création faite à partir de rencontres et récoltes.
Ces rencontres ont débuté bien avant ma résidence sur le site de Montauban et se poursuivent ici par la mise en œuvre d’un point de chute dans la canopée de l’espace René Greisch.
Il y a 12 ans, je me suis arrêtée sur la route pour y découvrir un trésor, pour me rendre compte de son morcèlement. Une aile s’était arrachée du corps d’une Effraie des clochers et se dressait sur le bitume.
Comme un appel, les ailes au vent. J’ai continué de m’arrêter à la levée des voiles sur mon chemin, créer l’arrêt à la rencontre de ces frontières que l’on ne veut voir.
Un mois de résidence pour modeler sculpter et prendre soin. Au diapason, je fus accompagnée par la pousse du printemps, l’éclat de celui-ci je dirais même.
Durant un mois, je me suis mise à l’écoute des lieux, du relief, des plantes, des pierres et des animaux du site. Rencontrer le Genius loci. Le génie du lieux, de ce lieu lui même véritable écotone, où se dépose la hache pour aller à la rencontre de l’Histoire.
Tous ont contribué à cette création. Toujours en mouvement… En lisière à faire traverser les grenouilles rousses en pleine migration pour leur reproduction… J’aurais pu faire une installation avec uniquement des pochoirs de grenouilles.
Faire corps et donner corps… Plonger dans les possibles, où l’intérieur et l’extérieur sont réunis.
J’ai créé une scénographie circulaire, avec des parties de l’arbre qui portent et habitent les corps, une immersion écotonique, épurée dont la blancheur des conteneurs en fait ressortir la matière bien vibrante.
Ces oiseaux se déploient, se soulèvent et ouvrent la porte à leur magie en rencontrant, le public, les arbres, les plantes. Le vent est arrêté mais leur message porté.
Cette création c’est une tentative de partage, parce que pour faire écologie nous faisons le choix de Faire ECOTONE, Faire RENCONTRES pour « être avec »… Réveiller nos mythes et nos rythmes fondateurs, et même en inventer de nouveaux.