Nymphaea


Installation, salon de massage ayurvédique, Gomery, Belgique, 2020

Calices


Installation, Hall de nuit, Grandcourt, Belgique, 2020

Essences


Grenier à fruits, presbytère, Ruette. Belgique, 2019

Papiers de feuilles d’arbres : chêne, hêtre, châtaignier, ginkgo biloba. Dentelle de figuier de Barbarie, laine de mouton mérinos brute, mèches de laine colorée violette et bleue, eau, savon, branches d’arbres, système électrique Led. 

« Essence » provient du latin « essentia » et du verbe « esse » qui signifie « être ». Proche parent du grec « ousia » qui désigne en métaphysique une distinction de l’être. Il désigne donc « ce que la chose est », par opposition au concept d’existence, qui définit « l’acte d’exister ».

L’essence d’un parfum est une composition odorante naturellement émise par une plante, un animal, un champignon, ou un environnement. Dans la nature, les parfums sont souvent des messages chimiques et biochimiques, notamment des phéromones ou des phytohormones.

L’essence d’un arbre désigne son espèce et ses besoins particuliers. La diversité biologique des essences et leurs caractères autochtones sont des éléments importants de la biodiversité et de la naturalité participant à la résilience écologique de nos forêts. Le savoir amène à la protection.

L’installation se compose de sculptures multiples de tailles et de formes différentes formant un regroupement de lumières descendantes.

La structure de l’arbre est adaptée à la voûte du grenier à fruits. Elle est composée de branches mortes trouvées « in situ », des restes récoltés après l’abattage d’un tronçon de forêt non loin de l’espace d’exposition.
Les éléments s’apparentent à des nids de tisserins, un foyer naturel. Mais ils peuvent aussi faire naître des sentiments de recueillement et de silence, prêtant au questionnement, à la contemplation.

« Ce n’est pas l’enveloppe extérieure qui est réelle mais l’essence des choses. »  

Constantin Brancusi

Pommeaux de lumière


Maison Alice Meny, Patrimoine rural de la mémoire collective, Saint-Léger, Belgique, 2018

Cire d’abeille, papiers de feuilles d’arbres : chêne, hêtre, châtaignier, ginkgo biloba, dentelle de figuier de Barbarie, laine de mouton mérinos brute, mèches de laine colorée violette et bleue, eau, savon, branches d’arbres, système électrique Led. 

L’installation « Pommeaux de lumière » est une invitation à faire entrer la Nature dans nos foyers. La présence d’un arbre, l’architecture d’un nid, la fragilité des ailes d’un papillon ou la composition de la membrane d’un cocon sont autant de visions qui nourrissent mes créations.

L’approche intimiste et sensorielle de mes interventions dans l’espace appelle le spectateur à s’approprier l’oeuvre, à prendre soin de sa propre nature et donc de l’environnement dont il fait partie. L’entrelacs de mèches de laine feutrées, les papiers de feuilles d’arbres et de figuier de Barbarie en dentelle recréent une surface de transparence entre le milieu animal et végétal.

Les sculptures de laine sont garnies d’un papier réalisé en feuilles d’arbres. Cette technique de création de papier remonte au temps des Egyptiens. Elle apparaît avec la confection de parchemins en papyrus extraits des roseaux du Nil. Par la suite, le papier sera créé en Chine grâce à une pâte fabriquée à l’aide d’écorces et de vieux chiffons réduits en bouillie.

J’ai opté pour cette technique afin d’illustrer « le trait de caractère » des arbres choisis, leurs essences au travers de l’Histoire écrite dans la ligne de leurs feuilles buveuses de lumière. Par exemple, le chêne, Quercus Robur, est le symbole de la justice, de la force et de la robustesse. Ses feuilles sont épaisses et marquées, leur tanin reste bien prononcé, elles semblent indestructibles. Puisqu’elles sont entières et apparentes, l’arbre est très reconnaissable. Rendues transparentes, elles se laissent traverser par la lumière, nous permettant d’entrevoir leurs trames, telle une radiographie.

Les papiers ne proviennent ni de bouillies transformées ni de dérives techniques, marques de l’industrialisation de nos forêts. Il ne s’agit plus d’un rapport de domination ou de force mais plutôt d’un détour vers la méthode primordiale de la fabrication du parchemin remise au goût du jour afin de donner un aperçu de la beauté de l’être, « de l’arbre » et de suggérer la réécriture de son histoire.

Strange fruits


« 20 eventi Arte Contemporanea in Sabina » – Rome, Italie

Les fruits qui poussent sur les branches sont des éléments organiques sortant d’un monde imaginaire. Ils sont gros, colorés et de forme ronde ou ovale, comme des champignons sortis de nulle part. Ces formes semblent pourtant familières, arrondies et douces comme de la peau ou du velours. Ce sont des éléments flottants non identifiés qui surprennent le jour. A la tombée de la nuit, quand tout est endormi, ils s’illuminent et donnent ainsi magie d’ombres à travers leur peau de laine.

Une allégorie de l’absurdité, déchiré l’homme continue son auto-destruction à travers le milieu dans lequel il vie. Dans le passé c’était encore une autre sorte de forme de destruction. Comme la chanson en parle si contre :

La chanson « Strange fruit » de Billie Holiday.de Billie Holiday. Ce poème écrit en 1937 par Abel Meeropol compte parmi les réquisitoires artistiques contre les lynchages des noirs couramment pratiqués à l’époque. Le « Strange Fruit » évoqué dans le morceau est le corps d’un noir pendu à un arbre.