Biographie

Depuis ma prime enfance, j’observe la Nature qui grandit autour de moi. Au rythme des saisons, des gestes familiers ont façonné ma vie et mes souvenirs. Du cycle nouveau annoncé par les premières fleurs du printemps, aux cueillettes qui nous rassemblent autour des arbres, fruits de nos nombreuses discussions.

Au travers de paysages sculptés par les champs et les forêts aux nuances de verts interminables, je marchais à la recherche de trésors, champignons, graines et matières à conserver ou contempler. La beauté des forêts me dépassait déjà. Elles recelaient, pour moi, des mystères et des histoires dont la vie présente devait être bien gardée. Un refuge inviolable et intimidant.

Le souvenir de la création d’un sentier-nature et de l’histoire d’un arbre, le chêne, ne m’a jamais quittée lors de ma scolarité. À l’âge de douze ans, je réalise ma première peinture à l’huile, un dingo australien. Quatre ans plus tard, je prends l’idée irrévocable de consacrer ma vie à la peinture.

J’entame des études artistiques et ressors en 2012 titulaire d’un Master spécialisé en peinture de l’Académie des Beaux-Arts de Liège, ainsi que lauréate du Prix Pauline Jamar pour mes recherches sur « l’intimité cellulaire » et « l’espace comme membrane ». Mes recherches pluridisciplinaires sur la matière vivante me conduiront au fil du temps à l’observation et l’expérimentation de techniques en lien avec la Nature et ses rapports
avec l’Homme.

En 2014, je cesse de peindre, sachant que je porte la peinture en moi et qu’elle m’attend. Je commence alors mon véritable travail dans et avec la Nature. Elle m’apporte une liberté illimitée. L’oeuvre intitulée « Fenêtre » marque un tournant dans ma création, une ouverture dans mon atelier intérieur.

« La matière brute et vivante qui me faisait vibrer sur la toile, était dans la Nature ».

En 2015, la recherche de la source du vivant me pousse à entreprendre une série de voyages. Je marche à la rencontre de peuples vivant encore en lien avec la Nature, où le Tout ne serait qu’Un, dans des lieux préservés des pillages industriels. Là, j’apprends, d’un savoir riche et ancestral, l’art du geste ainsi que les rituels rythmant la vie des morts comme des vivants. 

De retour en Europe, la reconnaissance des mondes (végétal, animal, fongique…), vus comme une entité à part entière, devient centrale dans ma recherche. Cette quête du vivant se traduit par un langage artistique hybride.

En extérieur, mes créations sculpturales « in situ » s’apparentent à des rituels, des performances méditatives car le temps est une dimension inhérente à ma création : je me mets au diapason des éléments, des saisons et de l’histoire du lieu. Dès lors, à travers ma présence à eux, leurs forces se transmettent à l’œuvre qui les traduit au mieux. 

À l’intérieur de nos foyers, la volonté de faire entrer la Nature, « de renaturer nos esprits », prend une dimension supplémentaire. Luminaires, ornements, bijoux sont créés au gré de mes récoltes de saisons et provoquent la rencontre entre deux univers : le sauvage à travers l’art et le domestique.